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ACTUALITESLancement d’un exercice de prospective territoriale « Luxembourg 2030 » Forte de sa collaboration entamĂ©e en 2010 avec le Conseil Economique et Social (CES) et le Conseil supĂ©rieur pour un DĂ©veloppement durable (CSDD) dans le cadre du projet « PIBien-ĂŞtre », la SociĂ©tĂ© Luxembourgeoise de l’Evaluation et de la Prospective a.s.b.l. (SoLEP) avait co-organisĂ© en octobre dernier le workshop portant sur la problĂ©matique de plus en plus prĂ©gnante pour le Luxembourg d’un vĂ©ritable dĂ©veloppement durable au niveau national. Dans la poursuite de ses initiatives, l’association a lancĂ© hier, mardi 26 avril 2011, Ă la Chambre de Commerce, un exercice de prospective territoriale baptisĂ© « Luxembourg 2030 », et ce sous la forme d’une journĂ©e de sĂ©minaire d’action prospective rassemblant une soixantaine d’acteurs luxembourgeois et de la Grande RĂ©gion venant d’horizons très divers, que ce soit des secteurs privĂ© et public ou de la sociĂ©tĂ© civile. Loin d’être une fin, ce sĂ©minaire a dĂ©montrĂ© la nĂ©cessitĂ© et le besoin pour les participants de poursuivre la rĂ©flexion sur les bases d’une mĂ©thodologie prospective encore trop peu connue au Grand-DuchĂ©, et ce en imaginant et en construisant des scĂ©narii de dĂ©veloppement futur Ă long terme pour le pays. La visĂ©e de cette dĂ©marche : cesser le pilotage Ă vue et agir concrètement et efficacement dès aujourd’hui. La volontĂ© d’initier une dĂ©marche prospective au Luxembourg n’est pas nouvelle. Outre le fameux exercice « Forsight », conduit dans les annĂ©es 2000 par le Fonds National de la Recherche (FNR), un sĂ©minaire avait Ă©tĂ© organisĂ© dĂ©but 2008 sur cette thĂ©matique sous l’égide de l’Observatoire de la CompĂ©titivitĂ©, du STATEC et du Centre de recherche Henri Tudor et prĂ©sidĂ© par le Ministre de l’Economie et du Commerce extĂ©rieur, Jeannot KreckĂ©. Les participants Ă ce premier sĂ©minaire avaient créé Ă sa suite la SoLEP, dont la mission consiste, dans les domaines de l’évaluation et de la prospective, Ă sensibiliser les acteurs luxembourgeois, Ă favoriser l’amĂ©lioration des bonnes pratiques au travers des retours d’expĂ©riences, Ă contribuer au dĂ©veloppement des compĂ©tences au niveau national et Ă participer activement au dĂ©bat public. Partant du constat que les exigences d’un dĂ©veloppement durable pour le pays et les consĂ©quences de la crise Ă©conomique mondiale imposent de doter le Luxembourg et ses acteurs d’une boĂ®te Ă outils permettant d’attĂ©nuer les tendances au pilotage Ă vue tant dĂ©criĂ© et si caractĂ©ristique des pratiques au niveau national, la SoLEP entend diffuser le plus largement possible une culture prospective. En tant que discipline, la prospective vise « Ă Ă©clairer l’action prĂ©sente Ă la lumière des futurs possibles » (Godet, 2001). Dans le domaine territorial, elle apparaĂ®t comme un instrument puissant pour engager les acteurs locaux sur la voie de stratĂ©gies ambitieuses, volontaristes et proactives traduites dans un projet de territoire. Ce projet doit constituer une rĂ©ponse Ă la question centrale apprĂ©hendĂ©e de manière globale du dĂ©veloppement durable du territoire. Au-delĂ des grands principes sur lesquels elle repose (logique de long terme et de construction volontaire du futur, exigence d’actions concrètes dans le court et le moyen terme, acceptation de la prise en compte des acteurs et des facteurs dans leur cadre complexe et systĂ©mique, logique dĂ©libĂ©rative entre acteurs de la sociĂ©tĂ© très divers et, enfin, utilisation de mĂ©thodes rigoureuses et transparentes en vue de construire une intelligence collective attentive aux changements et aux inerties), la prospective stratĂ©gique permet aux acteurs de construire de manière collective et partagĂ©e une vision du futur et une stratĂ©gie flanquĂ©e d’objectifs dĂ©clinĂ©s en actions concrètes, le tout pour rendre possible et efficace l’action prĂ©sente. Le sĂ©minaire de lancement de l’exercice de prospective « Luxembourg 2030 » a Ă©tĂ© animĂ© par Philippe Durance, Professeur associĂ© au Conservatoire national des Arts et MĂ©tiers (CNAM), et son Ă©quipe. L’expert français a ouvert les travaux par un exposĂ© portant sur la mĂ©thodologie, rappelant d’abord la quĂŞte systĂ©matique de l’Homme en vue de rĂ©duire son angoisse et l’incertitude portĂ©es naturellement par l’avenir, prĂ©cisant ensuite que la prospective entend d’une certaine façon pousser les acteurs Ă se libĂ©rer du carcan souvent trop restrictif et limitatif qu’impose souvent le dĂ©terminisme dans toutes ses formes. Si les acteurs sont libres d’agir et de construire le futur, alors l’existence d’avenirs possibles devient Ă©vidente. La mĂ©thodologie prospective consiste de fait Ă envisager des futurs qui soient imaginables et inimaginables, le cas Ă©chĂ©ant des futurs souhaitables, pour, par effet d’entonnoir, parvenir Ă dessiner des futurs possibles et rĂ©alisables. Pour permettre Ă chacun des participants d’exprimer ses idĂ©es sur les problĂ©matiques et les enjeux liĂ©s aux interactions souvent contradictoires entre les composantes Ă©conomiques, environnementales, sociales, spatiales et culturelles qui donnent son caractère durable au territoire, le sĂ©minaire s’est dĂ©clinĂ© en trois ateliers rĂ©partis chacun en deux groupes de travail d’une dizaine de personnes. Le premier atelier, intitulĂ© « chasser les idĂ©es reçues », avait pour objectif d’identifier les idĂ©es reçues sur le Luxembourg et de procĂ©der Ă un « re-engineering » mental indispensable pour aider Ă se poser les bonnes questions face Ă l’avenir. Le second portait sur l’identification et l’anticipation des « facteurs de changement » et des inerties propres au dĂ©veloppement luxembourgeois. Il a permis de repĂ©rer certains des principaux changements, inerties et ruptures qui auront un impact sur le territoire du Luxembourg au cours des vingt prochaines annĂ©es, puis, dans une deuxième phase, d’identifier des enjeux-clĂ©s, des orientations stratĂ©giques et des actions Ă la disposition des acteurs du territoire pour maĂ®triser ces changements critiques. Le troisième atelier a consistĂ© Ă construire l’« arbre de compĂ©tences » du passĂ© et du prĂ©sent du pays, c’est-Ă -dire Ă retracer la dynamique passĂ©e et prĂ©sente du dĂ©veloppement du territoire luxembourgeois, en prĂ©cisant ses mĂ©tiers, ses compĂ©tences et ses savoir-faire, mais aussi ses infrastructures et les secteurs d’activitĂ© dĂ©veloppĂ©s, et dans un second temps, Ă construire son arbre de compĂ©tences du futur. La mutualisation des idĂ©es Ă travers ces trois ateliers a montrĂ© qu’il Ă©tait possible de construire une vision plus claire et mieux partagĂ©e sur les dĂ©fis du futur qu’il convient dès aujourd’hui de relever en matière de dĂ©veloppement durable. L’ensemble des participants a rĂ©pondu favorablement Ă l’intĂ©rĂŞt de poursuivre la rĂ©flexion ainsi initiĂ©e Ă la Chambre de Commerce. La SoLEP prendra par consĂ©quent de nouvelles initiatives pour la formation de groupes de travail qui auront pour tâche d’élaborer et de construire des analyses approfondies sur des scĂ©narii de dĂ©veloppement autour des enjeux que la mĂ©thode prospective permettra d’identifier. Pour tout commentaire ou toute question : SociĂ©tĂ© Luxembourgeoise de l’Evaluation et de la Prospective |
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