Politiques publiques et confiance des citoyens


Le texte présenté ci-dessous est un recueil des idées présentées dans le discours de Philippe Destatte, Directeur général de l’Institut Destrée (Belgique) et professeur d’Histoire et de Prospective, prononcé le 11 octobre 2016 devant l’Assemblée plénière du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de Bourgogne-Franche-Compté. Son intervention était relative à la saisine de Madame la Présidente de Région Marie-Guite Dufay du 26 janvier 2016, portant sur des outils concrets et des conditions opérationnelles permettant de restaurer la confiance des citoyens et de renforcer leur participation et celle des acteurs de terrain à l’ensemble des politiques publiques portées par la Région.

A travers le monde, les élus et les citoyens s’interrogent sur la meilleure façon de rendre la démocratie plus pertinente et efficace. Dans son intervention devant le CESER, Philippe Destatte apprécie les conclusions du rapport produit par le Conseil, selon lesquelles l’action publique devrait construire directement la société et dépasser sa fonction de simple administration. L’action publique devrait donc avoir pour but une plus grande participation et inclusion sociale à travers l’adhésion de la population à un projet régional clair projeté dans le long terme (1), et une forte implication des acteurs pour la réalisation des objectifs de ce projet (2).  Cette démocratie participative serait la condition pour des politiques publiques efficaces.

Philippe Destatte met en évidence trois idées du rapport CESER qui, selon lui, pourraient améliorer les politiques publiques et l’état de la démocratie, en général :

  1. Le respect de l’intérêt général et du bien commun peuvent être stimulés à travers une conception plus inclusive des visions communes de l’avenir. Selon Destatte, l’affaissement de l’intérêt commun est influencé par deux phénomènes – l’opposition entre la gauche et la droite, d’une part, et entre le milieu d’affaires et la société civile, d’autre part. Afin de dépasser ces divisions, le professeur souligne l’importance de la prospective, soit de la construction d’une vision commune sur l’avenir de la communauté.
  2. Le manque de communication entre les décideurs et les citoyens serait un des problèmes saillants de la démocratie. Pour dépasser cette difficulté, Destatte suggère la multiplication des espaces de rencontre, interaction et réflexion entre la société civile, les entrepreneurs et les décideurs publics.
  3. La mise en place d’un modèle de gouvernance trifonctionnel, incluant l’administration publique, la société civile et le milieu entrepreneurial. Destatte met en avant la vocation de la gouvernance qui s’étend au-delà de la qualité de la décision à la mise en œuvre et l’achèvement de cette décision, donc afin d’assurer une bonne gouvernance, le politique devrait reconnaître et inclure les deux autres sphères de la société – citoyens et entreprises – dans le processus décisionnel et dans la mise en place des politiques. Cette approche garantirait la mobilisation davantage de ressources et donnerait plus de place à une gouvernance multiniveau : locale, intercommunale, transfrontalière, interrégionale, nationale et européenne.

Pour conclure, Philppe Destatte rappelle qu’actuellement les régions françaises dans leur ensemble sont confrontées à deux enjeux majeurs : la réforme territoriale et les ruptures sociétales et les attentats terroristes récents, et ils peuvent être dépassés que par une action commune, donc une démocratie plus inclusive et participative.

Lire le discours dans son intégralité.



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